Ce mercredi 12 septembre, j’ai été invité par Bel RTL afin de parler de la mendicité à Bruxelles‑Ville, thème que j’ai pu développer lors du débat de « C’est pas tous les jours dimanche ».

Cela fait longtemps que je m’intéresse à cette question. Premièrement, je reçois très fréquemment de nombreuses plaintes de commerçants qui sont excédés par l’arrivée de mendiants professionnels. Deuxièmement, depuis plusieurs années j’organise avec le collectif Diogène, une cérémonie en hommage aux morts de la rue. Ces problèmes, qui touchent quotidiennement la vie des Bruxelloises et des Bruxellois, m’interpellent également. Il est grand temps de réfléchir aux possibilités qui nous sont proposées.

Distinction

Avant toute chose, je veux être bien clair sur cette question, je ne suis pas contre la mendicité et je ne dirai jamais, comme un Claude Eerdekens (bourgmestre PS d’Andenne) qu’en Belgique : « être mendiant, c’est un choix de vie »…

Je fais donc bien la différence entre la mendicité de nécessité, la mendicité de subsistance, de personnes qui ont eu un problème de parcours et la mendicité assumée, organisée, comme par exemple, les réseaux de mendiants professionnels roms. Je veux donc m’attaquer frontalement aux organisations mafieuses qui utilisent la traite d’êtres humains, en utilisant femmes et enfants pour apitoyer et pour susciter la commisération publique.

Quelques chiffres sur un phénomène en expansion

D’après les renseignements que j’ai pu obtenir, le territoire de la ville est gangrené par la mendicité professionnelle.

  • En 2016, ils étaient une centaine à opérer dans Bruxelles.
  • Actuellement, c’est plus de 250 mendiants roms qui font la manche tous les jours dans les rues de Bruxelles, dont 10% d’enfants.
  • 70% des mendiants roms sont des femmes qui ne savent ni lire, ni écrire.

Face à ce phénomène en expansion, les communes sont plus que démunies.

Ma proposition : mettre fin au business de la compassion

Légalement parlant, depuis 1993, la mendicité n’est plus un délit en Belgique. En 1997, les communes ne peuvent plus interdire la mendicité de manière générale sur leur territoire. La police a donc peu de moyens légaux pour contrer le problème.

Ici, ma proposition est assez simple : soumettre la collecte passive d’argent sur la voie publique à une autorisation, obtenue préalablement dans un commissariat. Sans cette permission, la police aura la possibilité de mettre fin à la mendicité sur la voie publique. Cette proposition aura pour effet d’empêcher les réseaux mafieux de développer leur business de la compassion, tout en permettant d’aiguiller les sans-abris vers les services du CPAS, premier pas vers une réinsertion sociale. À cela, je réfléchis également à des solutions afin d’éviter au maximum que des Bruxellois sombrent dans le « sans-abrisme ».

Il faut savoir mettre fin au laxisme ambiant qui ronge notre ville. Je sais que cette proposition ne fait pas l’unanimité, mais il faut oser en parler, afin de lancer le débat et de réfléchir ensemble aux solutions possibles.

Ceux qui, par lâcheté, veulent laisser la situation telle qu’elle est, favorisent en définitive la traite des êtres humains.